Recruter dans le luxe : comprendre les attentes réelles des jeunes talents de demain


Le secteur du luxe continue de susciter un intérêt marqué auprès des jeunes générations. Pourtant, derrière cette attractivité apparente, les attentes évoluent et les freins persistent. Une réalité qui interroge directement les stratégies de recrutement et de marque employeur.

L’univers du luxe conserve un pouvoir d’attraction important auprès des 18-25 ans : près de 79% des 402 jeunes interrogés dans le cadre d’une étude d’ESG Luxe et So Youth envisagent d’y faire carrière.

Cette appétence repose sur plusieurs leviers structurants :

  • la valorisation des savoir-faire et de l’excellence,
  • une image associée au prestige et au statut,
  • des perspectives de rémunération attractives,
  • une dimension créative et internationale.

Pour autant, cette perception reste ambivalente. Si une partie des jeunes exprime une vision positive du secteur, une proportion significative adopte une posture plus neutre, voire critique.

Certaines représentations viennent nuancer l’image du luxe :

  • un environnement perçu comme exigeant et compétitif,
  • des interrogations éthiques.

L’attractivité du secteur ne repose pas uniquement sur son image. Elle s’inscrit dans un équilibre entre motivations économiques, culturelles et personnelles.

Les jeunes actifs recherchent à la fois :

  • des conditions salariales attractives,
  • un environnement porteur de sens et de créativité,
  • la possibilité de transformer une passion en métier,
  • une immersion dans des univers à forte valeur culturelle.

Des éléments plus concrets peuvent également jouer un rôle, comme l’accès privilégié aux produits ou aux univers de marque. 

Malgré cet attrait, le luxe reste identifié comme un univers fermé.

65% des jeunes considèrent qu’il est difficile d’y entrer.
75% estiment qu’un réseau est indispensable.
73% jugent qu’une formation spécialisée est nécessaire.

Au-delà des critères objectifs, un sentiment d’illégitimité persiste : une majorité des jeunes ne se sent pas pleinement à sa place dans cet environnement.

La question de l’inclusivité est également centrale :

  • un jeune sur deux doute de la diversité des profils recrutés,
  • seuls un quart perçoivent le secteur comme réellement ouvert.

Les préférences évoluent rapidement, traduisant une transformation des représentations du luxe.

Aujourd’hui, les univers les plus plébiscités sont :

1. Cosmétiques et parfums
2. Mode et haute couture
3. Hôtellerie et tourisme
4. Transports de luxe

Cette évolution marque un basculement notable : la mode, historiquement dominante, recule au profit de secteurs jugés plus accessibles ou en phase avec les nouvelles attentes.

Les métiers les plus attractifs reflètent une double dynamique :

  • une forte appétence pour la création (design, conception),
  • un intérêt marqué pour les fonctions stratégiques (marketing, communication).

Les fonctions opérationnelles et techniques (production, digital, retail) restent présentes, tandis que la R&D et la RSE apparaissent encore en retrait dans les projections.

Recruter dans le luxe implique aujourd’hui de rendre visibles les réalités métiers et de valoriser concrètement les savoir-faire.
Au-delà de l’image, les jeunes talents attendent transparence, sens et accessibilité. Les acteurs capables d’incarner cette exigence capteront durablement les talents de demain.

  • Journal du Luxe, « Emploi : le luxe vu par les jeunes actifs de demain ». journalduluxe.fr